Tableau de Valdes Leal : l'Immaculée Conception

16 ans après l’ouverture de l’année sainte du Grand Jubilé de l’Incarnation, présidé par saint Jean-Paul II en l’an 2000 (ouverture en décembre 1999), le Pape François a eu dans le cœur de rouvrir ces grandes festivités sur le thème de la miséricorde. «Ce jubilé n’est pas une stratégie, mais cela m’est venu de l’intérieur. L’Esprit Saint veut quelque chose» a-t-il confié au père Antonio Spadaro pour la revue Credere. Dans son homélie, François a commencé par rappeler la première place donnée au «primat de la grâce» dans le mystère de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, à «l’amour de Dieu qui devance, qui anticipe et qui sauve». A la suite de Marie, nous sommes appelés à nous réjouir de ce que le Seigneur a accompli pour nous dans sa miséricorde. «Si tout restait cantonné au péché, nous serions les plus désespérées des créatures».

«Nous devons faire passer la miséricorde avant le jugement, et dans tous les cas le jugement de Dieu sera toujours à la lumière de sa miséricorde» a-t-il ajouté dans son homélie ce 8 décembre, rapporte Radio Vatican.

Comme le rappelle Jean-Marie Guénois du Figaro, il porte cette intuition depuis le début de son pontificat quand il avait dit à la revue jésuite Études qu’il voyait l’Église comme un hôpital de campagne. Ainsi, il poursuit pour Credere : «Je crois que c’est l’heure de la miséricorde. Nous sommes tous des pécheurs. Nous portons tous des poids à l’intérieur de nous-mêmes. J’ai senti que Jésus voulait ouvrir les portes de son cœur, que le Père veut montrer ses entrailles de miséricorde et qu’il nous envoie l’Esprit, pour nous faire bouger et pour nous secouer.» Car son désir est autant de faire connaître la miséricorde au plus grand nombre que de convertir l’Église et les chrétiens à davantage de miséricorde. «Le monde a besoin de découvrir que Dieu est Père, qu’il est miséricorde, que la cruauté n’est pas la voie, que la condamnation n’est pas la voie parce que l’Église, elle-même, suit parfois une ligne dure, tombe dans la tentation de suivre une ligne dure».

Le pape François

La miséricorde est aussi pour le Pape le remède à répandre d’urgence pour guérir les maux de l’humanité : «D’un côté, nous voyons le trafic d’armes, la production d’armes qui tuent, l’assassinat d’innocents sous les formes les plus cruelles possibles, l’exploitation de personnes, de mineurs, d’enfants : nous assistons, permettez-moi l’expression, à un sacrilège contre l’humanité, parce que l’homme est sacré, il est l’image du Dieu vivant. Voilà, le Père dit : «Arrêtez-vous et venez à moi !». C’est ce que je vois dans le monde» a-t-il encore confié à Credere.

La date choisie est aussi celle du cinquantième anniversaire de la clôture du Concile Vatican II, «véritable rencontre entre l’Église et les hommes de notre temps, […] une rencontre marquée par la force de l’Esprit qui poussait son Église à sortir des obstacles qui pendant de nombreuses années l’avaient refermée sur elle-même, pour reprendre avec enthousiasme le chemin missionnaire». Pour François, c’est depuis Paul VI et Jean-Paul II que le thème de la miséricorde a pris toute sa place et son ampleur. Il s’inscrit donc dans cette tradition.

Certes l’Immaculée Conception est la grande fête de la Miséricorde dans l’Église. En Marie, comme l’enseigne la Bulle Ineffabilis Deus, l’Amour ineffable de Dieu descend sur toute l’humanité et applique par avance l’œuvre du Fils en qui tout homme est pardonné c’est-à-dire est justifié. L’acte de Dieu ne consiste pas seulement à pardonner, mais à rendre l’homme juste. Et ainsi Marie, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, sauveur du genre humain, ne fut pas pardonnée, mais dès l’instant de sa conception, trouvée totalement juste devant Dieu. Nous aussi, pécheurs que nous sommes, comme le rappelle le Pape François, nous avons non seulement besoin d’être pardonnés, mais d’être rendus justes devant Dieu, jusqu’à l’intime de nous-même. Et cela ne peut se faire que si nous participons, comme le fit Marie, à la même grâce qu’elle, celle de la Justification que nous apporte le Christ.

Rédaction SRP

 

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